Lucien Bouchard et la souveraineté

Dans un texte publié dans Le Devoir le 10 juin dernier, l’ex-éditorialiste de La Presse André Pratte se réjouit du déclin du mouvement souverainiste et des malheurs du Parti québécois, ce qui est son droit le plus strict. Pour illustrer son propos, il met en lumière une déclaration de l’ex-chef du PQ Lucien Bouchard, faite lors de l’inauguration des célébrations marquant le 100e anniversaire de naissance de René Lévesque. Celui qui a conduit le Québec aux portes de sa souveraineté politique en 1995 qualifiait, dans cette déclaration, de « rêve » le projet indépendantiste, ce qui amène André Pratte à prétendre que « selon l’ancien premier ministre, le glas a sonné pour l’indépendance comme projet réaliste ».

Or, aux yeux de Lucien Bouchard, ce projet est beaucoup plus qu’un rêve, soit un projet trop beau pour se réaliser selon la définition qu’en donne Le Robert cité par André Pratte. En effet, dans une entrevue accordée au journaliste Patrice Roy sur les ondes de RDI le 3 juin dernier, il affirmait que l’indépendance « c’est une nécessité politique quand on regarde l’histoire du Québec ». De toute évidence, on est loin là des chimères de M. Pratte, dont l’interprétation de l’emploi du mot « rêve » par Lucien Bouchard est pour le moins tirée par les cheveux.

 

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