Protégeons notre culture

​Protégeons notre culture. Ce sont ces mots qui résonnaient en moi comme une boucle infinie hier soir, en plein émerveillement devant le spectacle solo et intime de Vincent Vallières. C’est dans un vieux théâtre pittoresque, chaleureux et bien revigoré des Laurentides, le Patriote, que j’ai eu le privilège de vivre un moment de pur bonheur à tout simplement me laisser porter par le talent inouï de cet homme authentique et droit, allumé et animé. Déconnecté entièrement des tracas du quotidien et profitant d’un moment de suspension dans le train-train des jours qui passent si vite, j’ai vécu une foule d’émotions diverses m’amenant à sentir ressurgir de mes tripes une fierté parfois oubliée ou négligée. Fierté de venir d’un peuple d’hommes forts et de femmes fortes qui ont bâti à mains nues notre si beau chez-nous, fierté de parler français, la langue de nos ancêtres, fierté d’être Québécois et de me remémorer de combien loin nous venons.

​Protégeons nos traditions orales, notre histoire d’un peuple qui vient de la terre, protégeons notre unicité de Gaulois nord-américains et protégeons notre langue. Évitons d’être complètement américanisés en écoutant plus d’artistes d’ici et en encourageant la culture franco-québécoise. Encourageons les « p’tits » gars et les « p’tites » filles de chez nous qui se laissent porter par leur passion en se donnant corps et âme sur scène, soir après soir, souvent pour une poignée de cacahouètes à la poursuite de leurs rêves. Comme l’a dit si bien Vincent hier, gardons l’œil du tigre et la force de nous battre.

​Nous battre pour notre si belle langue, la plus belle langue. Nous battre pour nous faire entendre et crier à tue-tête que nous, Québécois, existons encore et sommes différents dans notre bastion francophone. Soyons fiers de chaque vers, chaque rime, chaque ligne et chaque refrain. Ressentons toutes ces émotions véhiculées et ce vécu partagé, dans notre jargon, avec nos patois et notre originalité singulière. Célébrons notre culture, profitons de chaque note, savourons chaque intonation et laissons-nous porter par chaque mélodie.

​Notre vie, elle est ici. Notre histoire, elle vient d’ici. Notre langue, elle est ici et bien vivante, et c’est à nous de la chérir, d’en prendre grand soin et de la respecter. Comme l’a fait cet artiste incroyable hier soir, sans artifices, avec son amour du monde, sa voix chargée de la beauté de la vie et son feu brûlant de passion pour la musique et les paroles profondes et réfléchies.

​Hier, j’ai ri et j’ai pleuré, j’ai souri et j’ai chanté, en français, dans ma langue. Fier d’être Québécois, fier d’être francophone. Merci à toi, Vincent, et à tous les autres qui gardent en vie notre culture en tenant à bout de bras le flambeau de notre peuple si différent.

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