ArriveCAN, une exigence raisonnable?

Citoyenne de Magog, j’ai traversé, au mois de décembre dernier, la frontière américaine toute proche, histoire de me changer les idées en allant arpenter la rue principale de la petite ville de Newport, au Vermont. Je m’étais évidemment munie de mon passeport et de mon certificat de vaccination.

Quelle ne fut pas ma surprise, au retour, de me voir imposer une quarantaine de 14 jours avec deux tests de dépistage obligatoires, moi qui n’avais jamais ressenti le moindre symptôme de la COVID ! Ma faute : je n’avais pas rempli l’application ArriveCAN, dont je n’avais jamais entendu parler, ni dans la presse écrite ni dans d’autres médias. Il aurait fallu, m’a-t-on dit, consulter le site d’Immigration et citoyenneté Canada pour le savoir. Pense-t-on à consulter ce site lorsqu’on ne traverse la frontière que pour quelques heures ?

Je ne suis pas la seule à m’être retrouvée en quarantaine dans ces circonstances. À la suite de plaintes de nombreux autres citoyens de bonne foi, Le Devoir a publié une vidéo dénonçant cette « punition » abusive et appelant les autorités à la clémence. Le message ne semble pas avoir été entendu, puisque d’autres personnes ont subi les mêmes vexations. Par exemple, le cas d’une dame qui a éprouvé des problèmes techniques avec son téléphone portable et qui, n’ayant pu remplir l’application, s’est vu imposer la même mesure outrancière, a été rapporté récemment dans les médias.

Alors que la situation pandémique n’est plus la même et que plusieurs experts mettent en doute la pertinence des mesures imposées aux frontières, ne serait-il pas temps de mettre fin à cette exigence de moins en moins justifiée et qui commence à ressembler à une mesure de contrôle abusive de la population dans un pays qui se targue d’être libre ? Sans compter que cette mesure suppose que tout citoyen ou toute citoyenne dispose d’un téléphone portable. Sinon, la personne doit trouver, dans le pays où elle se trouve, un ordinateur et une imprimante afin d’obtenir le reçu lui permettant de franchir la frontière canadienne, avec toutes les complications et tracasseries que cela peut occasionner.

À l’approche des vacances estivales, cette mesure devrait être adoucie ou, mieux encore, complètement éliminée. La sanction actuellement appliquée n’est ni logique ni proportionnée. Elle ne passerait sûrement pas le test de la Charte, même en période de pandémie.

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