Où sont nos élus quand il n’est plus question d’argent ?

J’habite rue Ontario, près de la rue Viau. Près d’une école primaire, près d’un parc et près d’un petit boisé. De chez moi, j’entends le port de Montréal, les conteneurs qui claquent et la machinerie. Mais c’était là quand je suis arrivée. Ça faisait partie du paysage. Le petit boisé, je l’ai découvert avec bonheur. C’est une friche où les citoyens se promènent en famille, font pousser des fleurs, organisent des activités communautaires et vont se ressourcer. Un espace vert où vivent une foule d’espèces d’oiseaux. Une oasis au milieu du gris. Un petit parc sauvage. Un espace zoné industriel et vendu pour une bouchée de pain à Ray-Mont Logistiques.

Dès le changement de zonage, les citoyens se sont mobilisés. Formant un front uni et amassant près de 7000 signatures en quelques semaines, pour avoir une voix sur l’avenir du parc. Ils ont été placés devant une parodie de consultation publique. Les manifestations se sont multipliées et les activités de sensibilisation aussi, en vain. Au rythme des élections, on nous a promis un parc-nature, l’arrêt des travaux, la préservation de quelques miettes, et puis plus rien.

Ray-Mont Logistiques promet de contribuer à l’économie. Il promet de l’argent. Soudainement, la qualité de vie d’un quartier complet ne vaut plus rien. On nous accuse du syndrome du « pas dans ma cour », d’avoir fait le choix d’habiter dans une zone industrielle, de ne pas vouloir de nouveaux emplois.

J’ai fait le choix d’habiter près d’un parc, d’une école primaire et d’un boisé. Tout comme ceux qui vivent à littéralement un jet de pierre de la butte qui sépare les travaux. Butte qui ne séparera plus rien quand elle aura été abattue, avec les arbres. Il y aura plus de bruit, plus de poussière, plus de camions, plus de vibrations et plus de polluants. La qualité de vie des gens d’Hochelaga va payer cher pour le profit d’une entreprise privée. [...]

Il n’y a pas d’acceptation sociale envers Ray-Mont Logistiques. Il y a eu suffisamment de manifestations et de mobilisations pour que les élus comprennent et nous voient. Un quartier en dépend ! Mais ce quartier n’est pas riche et n’a que son amour profond pour son parc à proposer contre les millions d’une entreprise privée. Ce qui m’amène à me demander où sont nos élus quand il n’y a pas d’argent à gagner.

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