Du mauvais usage de la majorité

Alors que le gouvernement fédéral s’apprête à participer à la contestation judiciaire de la loi 21 (et peut-être 96 aussi), les couteaux vont se remettre à voler bas de la part de certaines élites du Canada anglais : loi raciste, atteinte aux droits fondamentaux de la personne, société de corrompus et tutti quanti. Le premier ministre du Québec semble incapable de débattre du fond de la question et revient toujours, comme un bon vieux démagogue populiste, avec l’« argument » voulant qu’il bénéficie du soutien de la majorité de la population.

Comme Lise Bissonnette le faisait remarquer à l’émission Midi info, à Radio-Canada, les majorités peuvent se tromper royalement, et l’appui de la majorité ne saurait constituer une raison. Les exemples historiques de ce mauvais usage de la majorité sont assez tragiques et connus pour qu’on n’ait pas à les rappeler ici. M. Legault, soulignait-elle, ferait mieux d’expliquer qu’il y a plusieurs façons d’accommoder les relations entre l’État et la diversité religieuse et qu’elles peuvent toutes être compatibles avec une société démocratique et fondée sur le respect des droits fondamentaux.

Notre inénarrable ambassadeur aux Nations unies tiendrait sans doute un discours moins fanfaron et moins caustique s’il s’adressait au président Macron ou au chancelier Scholz plutôt qu’à un pauvre législateur provincial ! De son côté, s’il le voulait, M. Legault aurait l’occasion de se comporter en véritable chef d’État et de laisser tomber la posture populiste qui déshonore la cause qu’il défend.

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