Des chiffres qui trahissent

Les débats sur la langue ramènent inlassablement des chiffres prétendument encourageants concernant la communauté anglophone.

Il y a 10 ans, le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, était tout fier de souligner dans un rapport que 60 % des Anglo-Québécois étaient bilingues. Aujourd’hui, 45 ans après l’adoption de la loi 101, soit près de deux générations plus tard, des porte-parole de la communauté anglophone du Québec claironnent avec autant d’enthousiasme que plus des deux tiers des leurs, jusqu’à 70 % selon d’autres, sont aujourd’hui bilingues. Sans en voir l’incongruité, certains s’aventurent même à souligner que la proportion des anglophones bilingues est équivalente à celle des francophones bilingues !

Voilà donc une minorité qui compte pour environ 10 % de la population et dont 3 ou 4 membres sur 10 ne sont pas capables de fonctionner dans la langue de la majorité, qui est, soit dit en passant, la langue officielle du Québec !

Question de génération ? Même pas, semble-t-il. Si l’on se fie à ce qu’affirme sans gêne la Fédération des cégeps, 35 % des jeunes anglophones sont incapables de suivre des cours en français.

Fut un temps où, au Québec, on se battait pour le français. On se bat maintenant pour l’anglais. Ah bon… Merci beaucoup, thank you.

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