Je ne décolère pas

Oui, souvenons-nous de la réforme du mode du scrutin promise, comme le propose Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement démocratie nouvelle (« Souvenons-nous de la réforme du mode du scrutin promise », Le Devoir, 13 mai). Il a bien raison de rappeler aux lecteurs du Devoir une promesse écrite du premier ministre François Legault qui, le 9 mai 2018, avait signé l’engagement de réaliser cette réforme au cours d’un premier mandat de la CAQ.

Je ne décolère pas depuis que, le 17 décembre 2021, juste avant la pause pour les fêtes de Noël et du Nouvel An, un membre du cabinet de François Legault a informé M. Charbonneau que le projet avait été abandonné par M. Legault. Pourtant, un projet de loi avait été préparé par Sonia LeBel. Cette dernière a affirmé récemment que la CAQ s’était engagée à déposer un projet de loi, mais pas à réaliser la réforme du mode de scrutin. Nous prend-on pour des demeurés ?

Ce que cet événement nous révèle, c’est que le gouvernement actuel est souvent guidé par la partisanerie lors de la prise de décision. Une réforme du mode de scrutin aurait fait perdre quelques sièges à la CAQ, car avec 37,4 % des 66 % qui sont allés voter, la CAQ a obtenu 25 % des voix en 2018 et détient 75 % des sièges. Ce sont les députés d’arrière-ban qui ont sûrement fait valoir qu’il fallait mettre la réforme de côté, car plusieurs auraient perdu leur siège. Cela aurait été juste, car lorsqu’on gouverne avec trois citoyens sur quatre qui n’ont pas voté pour le parti au pouvoir, il y a quelque chose d’incongru, et cela crée un gouvernement arrogant qui peut multiplier les erreurs en pensant qu’il a toujours raison.

Le 3 octobre prochain, il faudrait rééquilibrer l’Assemblée nationale. Si tous les indépendantistes qui voulaient chasser les libéraux en 2018 en votant pour la CAQ revenaient au bercail…

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