Camille Laurin l’indépendantiste

Cher Simon Jolin-Barrette ou Monsieur le Ministre, si vous préférez. C’est très bien, votre lettre dans Le Devoir du 6 mai, qui rend un hommage hautement mérité à ce grand Québécois que fut Camille Laurin. Ce que vous dites de son rôle dans notre histoire est juste. Il me semble cependant que vous oubliez un petit détail dans votre survol de son œuvre : c’est que Camille Laurin était un indépendantiste convaincu. La Charte de la langue française était pour lui une première et fondamentale étape dans la démarche du Québec vers son essentielle indépendance. Or il se trouve, Monsieur Jolin-Barrette, que vous avez été élu sous la bannière d’un parti qui s’est promis d’enterrer le projet d’indépendance du Québec, aussi creux que possible. À ce titre, vous êtes un anti-Camille Laurin. C’est votre droit, mais il serait honnête que vous en fassiez mention, ce qui, bien sûr, vous empêcherait de prétendre être de quelque manière son successeur. On le voit bien par les temps qui courent, la loi 101, sans l’indépendance à la clé, ne peut pas grand-chose contre la folklorisation du Québec. Vous aurez beau faire état de votre velléité de la sauver, sans l’indépendance, par le choix fondamental que vous faites, elle crèvera d’inanition entre vos bras. Je termine en déplorant que ce texte ait été cosigné par quelques indépendantistes notoires.

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