L’arrogance a un prix

Nous apprenons aujourd’hui, de la part du p.-d.g. de la CDPQ, que le gouvernement Legault remboursera près de 100 M$ à sa société d’État pour couvrir les frais d’étude du REM de l’Est. Je rêve ? Ce projet était, dès le départ, grotesque. Les « améliorations », imaginées dans la récente vidéo léchée laissant croire que les Montréalais se retrouveraient à une espèce de Disneyland, n’y changeaient rien, au contraire. L’idée de faire passer des superstructures surélevées et bétonnées en plein milieu du centre-ville et de quartiers habités était absurde. Il eût été plus aisé de déguiser un éléphant pour mieux l’intégrer dans une salle de concert. Mais plus encore le projet, monté sans aucune consultation avec les principaux intéressés, dont la Ville de Montréal et la Société de transport de Montréal, faisait fi de toute intégration avec les services existants, dont le métro. Comble de l’arrogance de la CDPQ, les contribuables devront maintenant payer 100 M$ ? J’invite notre premier ministre, comptable de profession, à évaluer le coût d’opportunité causé par le défunt projet, dont la perte de temps qui en résultera en coûts additionnels pour le nouveau projet, à soustraire la valeur des études pouvant être recyclées, et à déduire cette somme nette de la masse salariale des dirigeants de la CDPQ impliqués dans ce projet, quitte à l’amortir sur plusieurs années. L’imputabilité financière ne doit pas servir uniquement à verser de généreux bonis pour les bons investissements. Il y a un prix à payer pour avoir raté, l’arrogance aidant, la planification d’un tel projet.

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