Joindre le geste à la parole

Le texte de M. Jean-François Lisée « La CAQ disproportionnelle » (Le Devoir, 27 avril) illustre bien le caractère révoltant du recul de François Legault sur la question de la réforme du mode de scrutin.

Je comprends M. Jean-Pierre Charbonneau — et sûrement tant d’autres — de ne pas décolérer. Toutefois, à mon humble avis, la colère ne suffit plus. Puisque la parole ne mène nulle part, il est maintenant temps d’y associer le geste. Toutes les organisations de la société civile qui en ont assez de cette situation devraient inciter la population à utiliser le seul moyen dont elle dispose pour appliquer sur le gouvernement une pression telle qu’il sera forcé d’agir. Et ce moyen, c’est l’abstention massive aux élections du 3 octobre prochain.

Je m’en doute bien, mon point de vue sera largement rejeté. Les absents ont toujours tort, direz-vous. Mais le mode de scrutin actuel considère que c’est plutôt une grande partie des présents qui ont tort. J’ai exercé mon droit de vote sans faillir depuis les élections du 15 novembre 1976. À chaque fois, cela a été inutile, car, dans la circonscription où j’habite, non seulement le candidat de mon choix n’a aucune chance d’être élu, mais, en outre, le mode de scrutin nie toute valeur à mon vote. Dans ces conditions, je ne vois plus l’utilité d’être présent.

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