La guerre aux femmes

Tous les jours, depuis trop longtemps déjà, nous découvrons les horreurs de la guerre en Ukraine. Cette horreur, qu’on nous montre, est la même que celle des autres guerres, dans le temps et comme ailleurs sur la planète. Ce ne sont pas les dirigeants qui la font, ce ne sont pas ceux qui l’ont décidée, ni les généraux, mais des soldats ordinaires, en train de perdre leur humanité. Ces soldats ne se contentent pas de se battre contre d’autres soldats, ils deviennent aussi des sortes de robots envahisseurs, obéissants, détruisant tout sur leur passage, y compris des civils, enfants, femmes et hommes. Et ce que l’on voit, c’est qu’encore une fois la femme est une victime permanente […].

C’est comme si, finalement, en filigrane, les guerres ne se faisaient pas tant, et officiellement, pour le territoire, le pétrole ou d’autres raisons obscures, mais contre les femmes, parfois avec leurs enfants, ces victimes qui ne sont pas aussi « collatérales » qu’on le pense. Comme si la possession d’un territoire s’exprimait conjointement par celle du corps de la femme, avec le même niveau de destruction.

Les « règles de la guerre » sont un oxymore, car la ligne rouge est dépassée depuis que l’on met un fusil dans les mains d’un pauvre type, lui donnant un pouvoir d’abus, de viol et de destruction sur les autres. Cela lui donne aussi, par la bande, l’occasion d’exprimer une cruelle vérité le concernant, une vérité insupportable qui nous éclabousse tous autant que nous sommes et qui demanderait une attention aussi soutenue et inquiète que la possibilité d’une guerre atomique. La guerre contre les femmes en est une de longue date, faite contre les fondements de l’humanité, et qui nous a blessés profondément depuis, et pour longtemps encore.

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