La guerre comme un spectacle

Chaque jour, cette guerre absurde fait de nous des militaires de salon, spectateurs impuissants et cyniques d’un match tragique qui a déjà trop duré. Poutine lance et compte et recompte à Marioupol, puis il y a un revirement au nord de Kiev, qui redonne un peu d’espoir aux Ukrainiens.

Naïvement, j’avais pensé un moment que nous assistions à une lutte sans merci, une lutte à mort dans laquelle l’un des dirigeants ne se relèverait jamais. Il semble que ce ne soit plus le cas, avec ces négociations, aussi surréalistes soient-elles en plein déluge de feu. Il pourrait même y avoir une « solution », par exemple à la coréenne, impensable et inacceptable jusqu’alors, et même une rencontre entre les deux entraîneurs.

S’il y a lutte à mort, c’est surtout la mort des victimes civiles et des jeunes conscrits russes, mal formés et mal informés, engagés dans une « opération spéciale », criminellement spéciale.

Le monde a une grande tolérance pour les crapules : Pol Pot est mort dans son lit ; Macron, tout sourire, serre la main de Mohammed ben Salmane ; Bachar al-Assad, redevenu à peu près fréquentable [...].

La paix est encore un mirage évanescent, mais de la façon dont le match se déroule, la guerre en Ukraine pourrait difficilement se conclure autrement que par une partie nulle, où tout le monde aura perdu et où les crimes de guerre ne seront pas sanctionnés.

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