Il n’y a pas de parallèle

D’abord, je dois souligner le très bon texte d’Emilie Nicolas, « Derrière la gifle », sur cette gifle qui fait parler. Et, autre approche, celui de Martineau, qui a aussi du sens, sur la violence qu’on ne doit tolérer sous aucun prétexte.

Parfois, un événement se situe toutefois au point de jonction entre deux valeurs, entre deux droits, comme la liberté d’expression et la discrimination. Ici, il est à la jonction de la violence, celle physique et celle des mots, qui, juridiquement, sont à des extrêmes. Pourtant, avec des mots, on peut envoyer des fidèles ou des disciples terroriser ou tuer des gens pour des valeurs ou des croyances. On peut penser aux religions, aux génocides, mais aussi aux mouvements politiques plus près de nous. Pensons aux trumpistes qui ont pris d’assaut le Congrès le 6 janvier 2021.

On fait aussi des parallèles avec l’affaire Mike Ward et Jérémy Gabriel, mais ayant vu ce spectacle, je n’en suis pas, car pour moi, Ward attaquait davantage le produit qu’on voulait nous vendre — le disque, le chanteur, bref, le petit Jérémy — en jouant sur sa maladie et nos bons sentiments pour vendre un disque plutôt que le petit gars (Jérémy Gabriel) en question. Quand la salle était trop premier degré, Mike Ward envoyait d’ailleurs des pointes à la salle, mais parfois plus loin dans le spectacle, car il faisait des boucles de rétroaction tout au long de ce spectacle.

Dans cette affaire, on aurait dû aussi regarder le marketing qui fut fait autour du petit Jérémy, marketing qui le transformait en produit de consommation. Il était alors déshumanisé et critiquable comme tout autre produit, mais pas le petit garçon, d’accord. Néanmoins, le marketing jouait sur la maladie du petit garçon pour pousser le produit. Là est le cœur du problème, car comment différencier les deux facettes si le marketing jouait sur les deux pour mieux le vendre ?

Je sais que je me suis allongé, mais il y a longtemps que je voulais revenir sur l’affaire du petit Jérémy et il me manquait le point par lequel je voulais entrer. Qu’on fasse des parallèles entre l’affaire de la gifle et celle du petit Jérémy m’a permis de le faire dans ce texte, car j’y ai toujours vu cet angle de la déshumanisation du petit dans le produit qui venait du marketing. Là, l’occasion m’a permis d’en parler.

À voir en vidéo