Sortir la politique des infrastructures

À Québec, ce n’est pas une surprise de voir les autorités politiques se chercher noise autour des projets comme celui du tramway, qu’on veut réaliser à même les milliards confiés par les citoyens. Il y a eu un temps, au Québec, où les municipalités utilisaient parcimonieusement l’argent des taxes pour répondre aux demandes des contribuables pour des besoins essentiels, comme l’alimentation en eau potable et l’évacuation des eaux d’égout. Même s’il pouvait survenir à cette occasion des objections de la part d’un certain public, les projets pouvaient faire leur chemin de façon démocratique. Nous n’en sommes plus là, car, de nos jours, l’utilisation des milliards pour les infrastructures est devenue un enjeu politique plutôt qu’un besoin exprimé par le milieu citoyen, un enjeu qui soulève des argumentaires dont les significations demeurent obscures, mais qui doivent probablement servir aux intérêts des uns et des autres. Ajoutons que l’absence d’assentiment populaire pour le tramway existe aussi pour le projet du troisième lien, un autre projet d’origine politique.

Mme Fanny Tremblay-Racicot, docteure en études urbaines à l’ENAP, a profité de la situation actuelle pour suggérer que le développement des réseaux de transports dans Québec et Lévis soit chapeauté par un organisme public. Bien entendu, on y retrouverait divers spécialistes du domaine urbain qui seraient en mesure d’établir les faits probants et de recommander les projets d’infrastructures où il conviendrait d’investir l’argent des citoyens. Ainsi, les maires, ministres et autres gens d’affaires n’auraient plus à se fendre d’explications plus ou moins crédibles, et la démocratie pourrait reprendre sa place, puisque la science aura garanti l’intérêt commun.

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