Voter du bon bord

À une certaine époque, Maurice Duplessis avait l’habitude de dire : « Si vous voulez des subventions, votez du bon bord ». Or, il semble que ce slogan pour le moins bassement électoraliste soit revenu dans les cartons de notre premier ministre, François Legault, qui a invité les électeurs de Marie-Victorin à voter du bon bord, à savoir pour la candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Shirley Dorismond, lors de l’élection partielle du 11 avril.

Et pourtant, pendant la dernière campagne électorale, François Legault n’a cessé de clamer qu’il était temps de « faire de la politique autrement », notamment en respectant ses engagements, auxquels il renonce sans vergogne depuis qu’il a pris le pouvoir à Québec. François Legault se démarque de plus en plus comme le champion des reculs et de l’improvisation. Il n’est donc pas surprenant de la part d’un homme qui a renoncé à ses idéaux et qui foule à répétition ses engagements d’inviter les citoyens à voter du côté du pouvoir au lieu de le faire selon leurs convictions.

Notre premier ministre se targue d’être le protecteur du français tout en se refusant à étendre la loi 101 au cégep, contribuant de la sorte à l’assimilation galopante du français, notamment dans la région métropolitaine de Montréal. Malgré sa promesse électorale, le fait qu’il ait renoncé à la réforme du mode de scrutin est révélateur de son attachement au pouvoir plutôt qu’aux citoyens et à la démocratie.

Les reculs de François Legault sont devenus monnaie courante pour les Québécois, qui risquent de ressentir une déception croissante par rapport à son leadership. Toute la question est de savoir si les électeurs vont voter du bon bord tout en connaissant la propension du chef de la CAQ à ne pas respecter ses engagements…

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