Odeurs de coup d’État en Russie

Ceux qui sont assidus aux émissions d’affaires internationales, telles que C dans l’air, sur TV5 au Québec, ont vu qu’aucun expert ne croyait à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Poutine se place cependant sur une corde raide. Vingt-quatre ans de pouvoir, cela épuise tant l’homme que son image. Et quoique l’entraînement et la stratégie militaire soient fondés sur la solidité de la chaîne de commandement, sur le respect et l’exécution immédiate d’un ordre, du chef de l’État jusqu’au fantassin, il est impossible qu’il y ait unanimité morale et d’opinion, parmi les troupes comme dans le peuple, en ce qui concerne la décision d’entrer en guerre et la manière de conduire celle-ci.

Même en Allemagne nazie, Hitler avait failli être tué par un complot, un an avant la fin de la guerre. […] À l’interne également, il est inconcevable qu’il n’y ait pas quelques grognards parmi la hiérarchie militaire russe, ou dans la structure de gouvernance par laquelle Vladimir Poutine s’est maintenu au pouvoir, sans partage, jusqu’à aujourd’hui.

Le prix pour la Russie, présumément très élevé avant les hostilités, risque de devenir rapidement insupportable et de constituer, pour ce pays objectivement pauvre, un handicap lourd et durable pour son développement, ou pour le simple maintien du chiche niveau de vie de la population russe. Compte tenu, finalement, de l’affaiblissement du pouvoir politique central par la division et l’éparpillement de ses forces armées, penser que le règne de Vladimir Poutine puisse se terminer comme celui de Nicolae Ceausescu, en Roumanie, est encore moins irrationnel que le déclenchement de cette guerre d’un autre âge.

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