Une stratégie injustifiée

La propagation du virus et la protection de la population sont en cours. Toutefois, les personnes réfractaires au vaccin font preuve d’une grande naïveté en pensant échapper au virus. On comprend maintenant qu’il faudra apprendre à vivre avec lui, et que toute la population sera finalement immunisée, soit en étant vaccinée, soit en ayant été infectée par le virus. On ne peut qu’espérer que les individus non vaccinés passeront à travers la maladie sans mourir ou sans développer des séquelles à long terme — ce qui est loin d’être certain.

Entretemps, le système de santé est durement éprouvé, et les solutions à court terme pour éviter les débordements dans les hôpitaux sont peu nombreuses. On ne peut pas refuser de soigner les non-vaccinés, même s’ils sont en grande partie responsables de leur situation. Leur imposer une taxe de santé n’aura qu’un effet incitatif très modéré sur la vaccination et sur les hospitalisations, et pénalisera ces personnes trop tard pour que cela ait une influence réelle sur la situation épidémiologique. Mais on peut les confiner pour leur propre protection et celle de la société. Pour que la mesure soit équitable, il faudrait toutefois qu’elle soit basée sur une analyse de risque qui s’applique à toute la population.

Malheureusement, le ministère de la Santé publique continue à gérer la pandémie à l’aide de zones et de périodes de confinement généralisé, comme si l’ensemble de la société était une extension des hôpitaux. Cette stratégie n’est toutefois plus justifiée étant donné le changement majeur du contexte dans lequel le virus évolue.

En effet, près de 90 % de la population est vaccinée, et des médicaments seront bientôt disponibles. Le gouvernement dispose également de données probantes du système de la santé sur les cas d’hospitalisation. Il y aurait donc lieu de gérer la situation sur le plan de la protection plutôt que de la propagation. Il n’y aurait plus besoin de recourir au vaccin obligatoire, d’imposer une taxe de santé ou de recourir au confinement généralisé. Les personnes moins à risque pourraient alors avoir accès à des passeports vaccinaux « profilés » adéquatement et vivre plus librement, tout en respectant les règles sanitaires. Seules les personnes qui sont prises sur le fait en ne respectant pas le confinement et les directives de santé feraient l’objet de sanctions par le système normal de surveillance existant.

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