Garder espoir

Je suis une optimiste, ou du moins, j’essaie de toujours saupoudrer les moments difficiles d’un peu d’espoir. J’ai vu le nouveau film d’Adam McKay, Don’t Look Up, et il m’a fait peur. Encore plus lorsque j’ai pu lire l’autre jour des articles affirmant que le gouvernement Trudeau n’était « pas opposé à l’exploitation des fonds océaniques » ou que la production de charbon a « atteint un record en Chine ». Comment garder espoir devant cela ? Que nous faudra-t-il pour que l’on comprenne enfin que ces articles doivent devenir histoire ancienne, et vite ? Pourquoi est-ce que la moindre apparition d’une décision qui menace encore le climat ne crée-t-elle pas un scandale, au lieu de ce vague ressentiment qui semble être devenu notre réaction devant le drame climatique ?

J’ai 21 ans, et pourtant, déjà, je regarde le passé avec nostalgie : je n’ai pas hâte de voir tout ce qui est inévitable et que l’on regarde, avec des yeux fermés, nous rentrer dans la figure. Je ne veux pas voir les visages étonnés, tout comme ceux des politiciens américains à la fin du film d’Adam McKay, lorsque les répercussions de notre inaction climatique seront bien visibles. À 21 ans, je sais déjà que je me sentirai toujours coupable de faire naître un enfant dans ce monde plein de dénis et d’égoïsme et je me vois devant le grand dilemme de poursuivre ce qui me passionne vraiment ou d’étudier dans un domaine qui pourra m’aider à changer les choses. Car c’est bien à ma génération qu’incombera la tâche de résoudre tous les problèmes : c’est à nous de tout régler, au détriment de nos intérêts et de nos rêves.

Comment ne pas avoir l’impression accablante de se battre seule dans le noir en lisant, dans les journaux, les articles précédemment mentionnés ? Plus que simplement bouche bée, je reste emplie de tristesse et d’angoisse devant cet avenir que personne ne semble voir. À tous ceux qui attendent la fin de la pandémie pour retrouver une vie normale, je dis d’attendre quelques années pour voir la dégringolade du climat : après ce point de non-retour, plus rien de normal ne pourra être retrouvé.

Ainsi, sans en avoir vraiment le choix, je suppose que j’ai encore espoir, mais si je le perds, que me restera-t-il alors ?

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