Taxe antivax : pas génial

Quelle idée saugrenue que de vouloir mêler la fiscalité à la gestion de la pandémie en proposant une taxe antivax ! Une mesure qu’on peut nommer comme on veut puisque les modalités sont inconnues, ce qui en dit long sur le sérieux de la chose. Le gouvernement de la CAQ semble avoir oublié le naufrage de toutes les tentatives de bidouillage de la fiscalité dans la santé, qui se fracassent invariablement sur les mêmes écueils : la Loi canadienne sur la santé, qui interdit la facturation directe des services aux usagers, et les préjudices causés aux plus démunis et aux malades chroniques. Pensons au débat récurrent sur le ticket modérateur, qui finit toujours en queue de poisson. Pensons aussi à la « contribution santé » introduite par Raymond Bachand en 2010, un artifice pour résorber le déficit, retiré depuis. Cette fois, on se surpasse. En ciblant un segment de la population, on s’aventure sur un terrain miné. La nouvelle mouture risque à la fois de créer un précédent inquiétant et de porter atteinte aux droits fondamentaux inscrits dans les chartes des droits et libertés. Comment peut-on envisager sérieusement de pénaliser fiscalement des gens non vaccinés quand la vaccination n’est même pas obligatoire ? C’est sans compter l’efficacité douteuse d’une telle mesure, la lourdeur administrative probable et la perspective rébarbative de voir le fisc s’immiscer dans le dossier santé des citoyens. Non, ce n’est pas la trouvaille du siècle.

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