Libertés et droits individuels «versus» taxe aux non-vaccinés

On parle des droits des non-vaccinés et du fait que ça ouvre la porte à une médecine variable selon les comportements. Punira-t-on le fumeur ou celui qui mange mal ? Ce serait discriminatoire, affirme-t-on.

Mais il y a une différence de taille. Le fumeur, comme celui qui mange mal, menace sa propre santé, non celle des autres, s’il va à l’hôpital. Le non-vacciné, lui, menace la santé des autres et en tue probablement quelques-uns en propageant le virus ou en forçant la suppression de soins importants pour des malades qui attendent pour ces soins ou qui devaient les avoir. C’est ce qu’on appelle le délestage. Bref, son refus du vaccin a un effet sur les autres.

La différence est là : la liberté du non-vacciné entre en collision avec le droit à la vie et à la santé des autres. Alors, soit une surcharge aux non-vaccinés en cas de COVID-19, soit une gradation des mesures allant ainsi :

1. L’interdiction d’accès à tous les commerces sans passeport vaccinal — commande en ligne ou téléphonique seulement ;

2. Des frais si tu es soigné pour la COVID-19 et que tu as refusé la vaccination (on ne parle pas des exemptions pour causes médicales) ;

3. Vaccination obligatoire. En cas de refus, il ne te reste que le secteur privé où te faire soigner, à ses conditions.

Peut-être y aurait-il moyen de modifier la Loi sur la santé publique pour ces cas limites et rares où des comportements ne menacent pas uniquement la personne, mais bien la santé des autres et de la population en général. Il y a bien des limites raisonnables aux droits et libertés de la personne qui font qu’on n’a pas le droit d’empoisonner ou de tirer sur quelqu’un si on se lève un matin avec cette idée. Toute la différence est là : le refus du vaccin ne met pas que la personne en danger, mais bien une collectivité d’individus ayant aussi des droits et des libertés individuelles, dont le droit d’être soigné en temps opportun.

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