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La crise pandémique a révélé la grande fragilité de notre système de santé, comme le souligne si bien Mme Marie-Andrée Chouinard dans son éditorial du lundi 10 janvier 2022.

Comme médecin de famille, je me faisais exactement la même réflexion, plongée dans la crise que mon équipe et moi devons gérer au quotidien. Comment se fait-il qu’avec presque 50 % du budget national consacré à la santé, nous ayons de si piètres performances avec nos 2,5 lits pour 1000 habitants, un taux parmi les plus faibles DANS LE MONDE ?!

Franchement, quelque chose ne tourne pas rond dans ce grand maelström. Il est plus que temps de s’attaquer sérieusement à tous ces problèmes :

Quelles sont les vaches sacrées de ce système ? Comment se fait-il qu’un radiologiste puisse gagner 1 million par année (à même les fonds publics) ? Quel est le pourcentage d’employés non pourvoyeurs de soins par rapport aux employés pourvoyeurs de soins dans le réseau ?

Quels sont les chiffres de l’efficience du système de santé par rapport à ceux d’autres pays plus performants ? Pourquoi ne
connaissons-nous pas ces chiffres ?

Où est la transparence de la gestion de tout ça ? Pourquoi faisons-nous une médecine si hospitalo-centrée au Québec avec si peu de lits ? Pourquoi ne sommes-nous pas plus créatifs, souples et rapides afin de répondre aux vrais besoins de la population ?

À quand une agence de la santé non partisane et pérenne, avec une vraie autorité, constituée d’experts et de scientifiques, pour changer les paradigmes et innover en profondeur ?

Faut-il à ce point toucher le fond pour avoir enfin le courage de se reconstruire ? La réponse semble, malheureusement, oui…

La pandémie, ce grand révélateur des dysfonctionnements, devrait être l’occasion de faire de la modernisation de notre système de santé l’enjeu numéro un d’élections à venir. Nous le devons aux jeunes générations. Et à tous ceux qui ont besoin de soins.

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