Avant tout, l’universalité

Depuis quelques jours, les idées fusent pour limiter l’accès aux soins hospitaliers aux personnes qui ne sont pas vaccinées contre la COVID-19. Les suggestions vont d’une augmentation des impôts au simple refus de soins pour ces « irresponsables ». Ce faisant, on oublie l’intention première de notre programme public d’assurance, qui est l’universalité d’accès et l’égalité des citoyens face à la maladie. En créant une brèche dans ces principes, il me semble que bien d’autres comportements délétères pour la santé pourraient être mis au pilori et remettre en question l’assurabilité des « fautifs » : tabagisme, surnutrition, malnutrition, bronzage, surentraînement, « workaholisme »… Bien que de natures différentes, ces comportements, nous le savons, entraînent des coûts importants qui pourraient être évités à notre système de santé.

Par ailleurs, il est précaire d’appliquer des statistiques populationnelles à des individus. Combien de non-vaccinés auraient eu besoin de soins même s’ils avaient été vaccinés ? Autour de 1 à 2 %, vraisemblablement. Bien malin celui ou celle qui pourrait les désigner.

Enfin, la remise en question de l’universalité d’accès pourrait se traduire en longs débats avec le gouvernement fédéral et remettre en question sa contribution au système de santé québécois.

Je suis donc d’avis que cette voie n’est pas porteuse d’une solution conforme à nos choix de société. Que cela nous plaise ou non, il faut que nos principes l’emportent sur notre impatience bien légitime envers le parasitisme de certains et certaines.

À voir en vidéo