Sur le rôle destructeur de Trudeau père

L’opinion exprimée par André Burelle dans Le Devoir du 30 décembre (Que pensait Pierre Elliott Trudeau ?) jette une lumière crue sur le rôle destructeur joué par Trudeau père dans les relations entre le Québec et les autres provinces au cours des années 1965 à 1990.

La biographie du politicien rédigée par l’ancien député fédéral libéral John English montre M. Trudeau comme un homme riche et brillant, mais émotif et fragile. Son tour du monde effectué alors qu’il était encore jeune lui fit prendre conscience que le peuple canadien-français, enlisé dans le clérico-nationalisme et la corruption politique, était en retard d’au moins une génération sur les plans éducatif, économique, culturel et social. M. Trudeau, comme bien d’autres, en fut profondément blessé dans sa propre identité canadienne-française. Mais plutôt que de chercher résolument à changer les choses au Québec même, comme s’y employèrent MM. Lapalme et Lesage, il se limita à pourfendre la bêtise et l’arriération de ses concitoyens. Ainsi que le souligne M. Burelle, il passa le reste de sa vie à Ottawa à combattre leurs droits collectifs tout en valorisant ceux de nos compatriotes autochtones.

Heureusement pour nous, M. Lesage et ses successeurs ont gagné leur pari. Bien qu’il y ait encore beaucoup à faire en éducation, en économie, en culture et en sécurité sociale, le Québec a connu en 60 ans un progrès remarquable dans tous ces domaines. À l’inverse, le comportement de M. Trudeau, notamment en 1980-1981 (référendum et rapatriement de la Constitution) et en 1989-1990 (accord du lac Meech), a malheureusement réussi à endommager gravement et pour longtemps nos relations avec le reste du pays.

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