Un merveilleux professeur

Gérard Poirier, exceptionnel comédien, mais aussi merveilleux professeur, vient de nous quitter.

En 1975, au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, en troisième année, nous avons la chance extraordinaire d’avoir Gérard Poirier comme professeur d’interprétation. Je suis impressionné de voir devant moi le grand interprète des textes de Pinter, Sartre, Beckett, Pirandello, Molière, Shakespeare, Feydeau, Rostand, Musset, et de bien d’autres grands dramaturges. Je suis intimidé par ce monument vivant qui force l’admiration. Le grand Gérard Poirier, homme de grande classe et si cultivé, se présente devant nous en disant à peu près ceci : « Dans votre travail d’acteur, vous ne serez pas toujours aussi bien dirigés que vous le souhaitez. Je vais vous montrer ma méthode à moi, que j’ai utilisée dans ces occasions pour me diriger moi-même. »

À partir de cet objectif, j’ai sans doute eu l’un des plus grands cours de jeu de toute ma formation. Gérard Poirier était d’une intelligence remarquable. Ses analyses de textes étaient brillantes. J’aimais sa façon bien à lui d’aborder les textes de théâtre. Il ne se prenait pas pour un metteur en scène tout-puissant. Toujours humble, il était pourtant d’une précision inouïe dans sa direction de jeu et nous laissait très libres et créatifs dans les mises en place. Ce qui nous permettait de toujours demeurer naturels dans notre apprentissage. Gérard Poirier, un immense acteur, réussissait à transmettre avec brio une partie importante de son savoir-faire. Je lui en serai toujours reconnaissant. Quel beau souvenir !

Salut Gérard !

À voir en vidéo