Détruire la serre de Charlesbourg est impardonnable

Étant passionné par les questions alimentaires qui occupent en grande partie mon quotidien, je me doute bien qu’un jour, mes enfants, aujourd’hui âgés de 3 et 5 ans, me demanderont ceci : « Papa, que faisiez-vous à l’époque où s’affaiblissaient partout les chaînes d’approvisionnement alimentaires et que devenait de plus en plus cruciale la question de l’alimentation locale ? »

Je serai dans l’obligation de leur répondre, avec tristesse et indignation, que nous avons décidé, consciemment, de démolir ce que l’on considère comme « la plus grande serre en Amérique du Nord » : la serre de l’ancien Jardin zoologique de Québec, dans Charlesbourg.

En effet, en optant pour la démolition de cette serre exceptionnelle, qui pourrait à la fois renforcer l’autonomie alimentaire, favoriser la recherche sur les modes de production respectueux de la nature des sols et accueillir un volet éducatif reposant sur l’agroécologie, le maire de Québec, Bruno Marchand, commet une erreur impardonnable. [...] En quoi le renforcement de l’autonomie alimentaire ne serait-il pas « rentable » pour les populations locales ? C’est, au contraire, l’héritage le plus cher que nous puissions léguer aux générations suivantes. Lorsqu’on a sur notre territoire une infrastructure aussi exceptionnelle que cette serre, on la garde, on la chérit, on l’utilise pour nourrir les populations et on en est fiers.

Bref, avec la démolition de la serre, c’est toute une possibilité pour les générations futures de s’alimenter localement et de renforcer leur autonomie alimentaire qui tombe en ruine. Et ça, ça n’a pas de prix. Si vous démolissez cette serre, M. Marchand, cet héritage sera le vôtre. Mais il n’est pas trop tard pour que vous vous raisonniez et pour que les populations s’indignent.

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