Enfin, la société distincte reconnue !

Qui aurait cru qu’après des décennies d’effort pour faire reconnaître le caractère distinct du Québec, après les tentatives infructueuses de Meech et de Charlottetown, la loi 21 du Québec réussirait là où les gouvernements québécois ont échoué lamentablement dans les années 1980 et 1990 ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de Toronto à Calgary, en passant par Brampton et Winnipeg, de l’ambassadeur du Canada à l’ONU aux ministres fédéraux du gouvernement Trudeau, et sans oublier le chef du NPD et des députés des autres partis, on reconnaît enfin le caractère distinct du Québec, à savoir une société raciste et intolérante, qui discrimine les citoyens sur la base de la religion et de la langue, qui les empêche de gagner leur vie sur la seule raison de leur foi religieuse, qui les empêche de choisir l’école de leur choix et oblige l’affichage en français, qui refuse de reconnaître son racisme systémique.

Voici donc ce que nos fiers concitoyens des autres provinces disent et pensent des Québécois (francophones évidemment), en regardant avec mépris et condescendance ce qui se passe au Québec : « Oui, les Québécois sont bien distincts, ils ne sont pas comme nous, véritables Canadiens, ouverts à la diversité et aux communautés culturelles. Distinct, le Québec ? Juste assez pour mériter notre mépris ! »

Les commentaires qui ont cours présentement dans le reste du Canada à propos de la loi 21 nous montrent que le Canada anglais est incapable ne serait-ce que de concevoir qu’il puisse exister une autre vision de la laïcité et de ce qui constitue une société et un engagement citoyen que la sienne.

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