Pour un sommet sur la vaccination équitable

Nous vivons maintenant un début de nouvelle guerre froide, à la veille des Jeux olympiques d’hiver à Pékin. Pensons aux tensions diplomatiques internationales entre les États-Unis et la Chine, sans oublier les menaces d’une invasion de l’Ukraine par la Russie. N’est-il pas temps pour le Canada de revenir à son rôle historique en faveur d’une initiative de paix humanitaire ? Comment ? En proposant d’organiser à Montréal ou à Québec un sommet mondial sur la vaccination équitable contre la COVID-19. En effet, les chiffres sont éloquents : nous comptabilisons déjà plus de 5,2 millions de morts et 266 millions de personnes infectées. En tant que pays riche, le Canada peut maintenant donner à ses citoyens une troisième dose de vaccin, mais, pendant ce temps, seulement 43 % de la population mondiale est entièrement vaccinée. La seule façon de parvenir à une vaccination mondiale équitable et efficace consiste à proposer à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’organiser un sommet où tous les pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU) se réuniraient pour mettre en commun leurs ressources (vaccins, équipements et personnels). Bien sûr, il y a l’initiative COVAX mise en place par l’ONU, mais qui fait face à de nombreux défis, qu’il s’agisse des barrières tarifaires et du « nationalisme vaccinal », de la complexité de la chaîne d’approvisionnement, du financement pour les pays pauvres ou de la désinformation en ce qui concerne la vaccination dans certains pays. Un sommet mondial pourrait aider à relancer l’initiative de vaccination équitable pour tous, pays riches comme pays pauvres, et vaincre les résistances de chacun.

Le Canada a jadis joué un rôle humanitaire important pour préserver la paix dans le monde, que ce soit lors de la création des Casques bleus de l’ONU en 1956 par l’ex-premier ministre Lester B. Pearson, lors de sa lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, par l’ex-premier ministre Bryan Mulroney, ou lors de la mobilisation mondiale contre la prolifération des mines antipersonnel, le traité d’Ottawa (adopté par 160 pays en 1999) de l’ex-premier ministre Jean Chrétien ayant permis d’éliminer plus de 49 millions de mines antipersonnel en stock. En tant que moyenne puissance économique, membre du G7 et du G20, sans passé colonial ni ambition de conquête militaire, le Canada n’est une menace pour aucun pays. Notre pays peut jouer le rôle d’ambassadeur intermédiaire pour réunir tous les pays qui désirent faire de la lutte contre la pandémie une priorité.

Le lieu d’un tel sommet est stratégiquement important. Le Québec est proche du siège de l’ONU à New York, le Canada est membre du Commonwealth et le Québec est représenté dans l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Nous pouvons mobiliser nos ressources diplomatiques afin d’influencer l’organisation d’un tel sommet en 2022, ce qui accroîtrait la notoriété internationale du Canada et du Québec et aurait un effet notable sur la vaccination équitable pour tous, riches ou pauvres !

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