Notre monolithe des âges

Karl Blackburn et Norma Kozhaya, du Conseil du patronat, écrivaient dans leur texte d’opinion publié le 10 décembre dernier et intitulé « Faire face au vieillissement de la population » que « le visage du Québec est en train de changer et [qu’]il faut préparer le terrain à ce virage démographique majeur ». Il aurait été préférable de dire que « le visage du Québec a tellement changé depuis un demi-siècle, qu’il aurait fallu prendre les mesures nécessaires depuis longtemps pour éviter un désastre démographique majeur ».

Dans les dernières décennies du XXe siècle, nos gouvernements ont tenté de concevoir une politique familiale pour aider les couples à avoir les enfants qu’ils désiraient. À l’évidence, ils n’ont pas accouché d’une politique efficace.

Rongée à sa base, notre pyramide des âges a l’apparence d’un monolithe de Mingan. En 2016, les enfants de 0 à 14 ans étaient 13,4 % moins nombreux que les personnes de 15 à 29 ans, lesquelles accusaient un déficit de 10,5 % en comparaison aux adultes de 30 à 44 ans. Ainsi, de 15 ans en 15 ans, le Québec cumule déficit sur déficit parce qu’il n’assure plus, depuis 50 ans, le remplacement des générations.

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