Boycotter les Jeux de Pékin?

Ainsi, le gouvernement canadien a emboîté le pas d’autres pays occidentaux (à l’exception de la France) pour appuyer le boycottage des J.O. d’hiver organisés par la Chine en refusant de se faire représenter par leurs chefs d’État ou leurs diplomates de haut niveau. Ce geste vise entre autres à dénoncer le sort réservé à la minorité ouïgoure par le gouvernement chinois. Droits de la personne obligent.

Seuls les athlètes y participeront. On peut le comprendre. Après s’y être préparés pendant de nombreuses années, ces jeunes femmes et hommes ne vivent que pour ce moment magique dans leur carrière.

Le spectacle diplomatique de la chaise vide n’aura que peu d’influence à court terme sur le comportement intolérant et envahisseur de Pékin sur la scène internationale.

Dans ce contexte, il faut se souvenir que les Jeux olympiques d’été de 1976 à Montréal avaient été boycottés par 22 nations africaines (par l’absence de leurs athlètes) pour protester contre la présence de la Nouvelle-Zélande, à qui elles reprochaient d’avoir envoyé son équipe de rugby participer à une tournée en Afrique du Sud, un pays qui pratiquait l’apartheid. Il a tout de même fallu attendre 16 ans, soit 1992, pour que l’apartheid soit officiellement rayé de la carte politique de l’Afrique du Sud.

Reconnaître à la population noire sud-africaine les mêmes droits que ceux des Blancs, et reconnaître aux Ouïgours leurs droits d’exister au sein de la Chine actuelle paraît naïf et illusoire. La minorité ouïgoure n’a pas la puissance qu’avait la majorité noire d’Afrique du Sud.

Et si, comme ce fut le cas dans l’affaire des deux Michael canadiens, on trouvait une astuce par laquelle on arriverait à négocier une sortie de crise où les Chinois n’auraient pas l’impression de perdre la face ?

On peut toujours rêver.

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