Le double discours de Macron

Un jour récent, le président Macron vante les grandes qualités humanistes et de résistance de Joséphine Baker lors de son intronisation au Panthéon ; le lendemain, il est aux Émirats arabes unis (une quasi-dictature) pour parfaire un contrat de vente de 80 avions de combat Rafale avec ce pays du Golfe ; un État qui n’a que faire des droits de la personne.

Le président français en profite alors pour affirmer que s’il va par après en Arabie saoudite, cela ne veut pas dire qu’il est complaisant avec les dirigeants de ce pays, qu’il a oublié la question du meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi, mais qu’il veille à la « stabilité de la région » et qu’il doit donc traiter avec le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS), apparemment impliqué personnellement ou par son entourage dans le meurtre du journaliste saoudien. Mais vu l’importance géographique et militaire de l’Arabie saoudite, la France, dit-il, doit traiter avec son gouvernement, même si celui-ci bafoue gravement les droits de la personne.

Mais l’argumentaire d’Emmanuel Macron ne tient manifestement pas la route. Le fond de l’histoire est tout simplement une question de gros sous. Pour la morale et la défense des droits de la personne, on repassera ! À cet égard, le président français agit comme tous ses prédécesseurs, de Gaulle inclus. Pauvre Joséphine Baker, si elle avait vu toute cette hypocrisie, elle aurait sans doute refusé cet hommage au Panthéon. En allant rencontrer MBS, le président français a dépassé les bornes.

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