Les maux et les mots liés aux «arrestations musclées»

Tout comme nos sociétés, le langage évolue au gré des changements de perspectives. L’introduction récente dans les dictionnaires du pronom «iel» visant une écriture plus inclusive en est un judicieux exemple.

Au fil du temps, l’utilisation de mots et d’expressions chargés de sens d’une autre époque est délaissée et remplacée par des usages plus logiquement et sensiblement collés sur l’évolution des mentalités. C’est ainsi qu’on ne parle presque plus de « crimes passionnels », du fait que nous avons enfin fini par reconnaître que ce n’est surtout pas de l’amour, mais qu’on utilise désormais un seul mot univoque et clair : féminicide.

Dans cet effort pour enfin nommer correctement ce dont il est réellement question, ne serait-ce pas le temps d’arrêter l’utilisation de l’expression « arrestation musclée » lorsque nous sommes (encore) témoins d’un énième épisode de ce que l’on devrait en fait nommer « brutalité ou violence policière » ? Particulièrement lorsque le racisme intervient dans la situation décrite, nous pourrions bien dire « brutalité ou violence policière profilée ». Nous utilisons déjà le « profilage racial » afin de décrire une part importante d’un plus vaste problème qu’est le racisme systémique.

Alors que le gouvernement de la CAQ s’obstine justement à ne pas vouloir reconnaître ce racisme systémique toujours plus évident aux yeux d’une majorité grandissante, le simple fait de nommer correctement ce dont il est question ferait progresser les mentalités même à l’intérieur des corps policiers et, de ce fait, changerait l’angle du débat entourant cette question cruciale.

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