Le troisième lien nous concerne tous

Le premier ministre François Legault est un vieux routier de la politique. Nous serions naïfs de penser que sa promesse du troisième lien n’était pas une stratégie pour courtiser le vote des électeurs de la région de Québec. Et il serait tout aussi naïf de croire que la recommandation de voter pour le Parti conservateur lors de la dernière élection fédérale n’était pas étrangère à l’espoir d’une participation financière au projet si Erin O’Toole avait pris le pouvoir.

M. Legault a le défaut de ses qualités. Se disant de la « gauche efficace », il se veut un homme d’action et qui sait tenir parole. Or, il y a une énorme différence entre tenir parole et s’entêter à défendre une promesse formulée au départ sans assises solides et qui, de surcroît, défie pour l’instant la science autant que le bon sens.

Lors du dernier congrès de la CAQ, on a vu poindre une lueur d’espoir lorsque des militants ont osé exprimer ouvertement leur opposition au projet. Et ce n’est surtout pas le manque de classe de Geneviève Guilbault à l’endroit de Régis Labeaume et la tactique de déviation du débat sur l’amertume présumée de l’ancien maire qui sont porteurs d’un consensus éclairé sur la question.

Le troisième lien sera financé à partir des impôts de TOUS les Québécois et, à ce titre, nous sommes en droit d’exiger que M. Legault fasse la preuve de la pertinence du projet et qu’il justifie son coût démesuré en fonction des bénéfices attendus et de ses impacts sur l’environnement. Car si on avance une prévision de coût de 10 milliards de dollars, on sait fort bien qu’il s’agit d’un seuil minimal, qu’on aura tôt fait de propulser à la hausse.

Même si la CAQ est en bonne position pour conserver le pouvoir lors des prochaines élections, souhaitons que les partis d’opposition talonnent la CAQ sur cette « patate chaude » qui nous concerne tous, n’en déplaise aux supporteurs du projet…

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