Sans légitimité?

Au lendemain des élections municipales, plusieurs ont remis en question la légitimité des élus en raison du faible taux de participation au vote. On peut parler de manque de légitimité quand un siège ou une majorité de sièges ont été obtenus avec une minorité de votes. Mais quand un élu ou un parti obtient une majorité de votes, on peut bien sûr déplorer que les électeurs ne se prévalent pas de leur droit de vote, mais l’élu ou le parti ne manque pas de légitimité. On pourrait même dire qu’a contrario, ce sont les électeurs qui n’ont pas voté qui manqueront ensuite de légitimité pour se plaindre de leurs élus.

Malgré tout, une participation du tiers des électeurs représente un meilleur échantillonnage que n’importe quel sondage préélectoral, et on peut raisonnablement penser que le résultat final aurait été le même si la totalité des électeurs étaient allés voter. L’effort de persuasion a déjà été fait : excellentes publicités soulignant l’étendue des enjeux, nombreux rappels dans les médias et dans toutes les boîtes aux lettres, puis porte-à-porte et relance téléphonique — ciblés, j’en conviens — par les partis. À Montréal, les bureaux de vote étaient ouverts de 9 h 30 à 20 h 00 pendant deux fins de semaine complètes. On pouvait également voter par la poste dans la plupart des municipalités. Le vote électronique peut sembler la solution magique, mais il risque d’apporter plus de coûts et de problèmes de sécurité que d’électeurs additionnels.

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