Le vélo urbain, un atout collectif

En pleine COP26 à Glasgow, et alors que 30 % des GES au Québec sont issus du transport et qu’ils sont en hausse, il apparaît surprenant que plusieurs candidats à la mairie de Montréal proposent de retirer ou de réduire des pistes cyclables. On ne pourra pas éternellement blâmer la Chine, les États-Unis ou l’Alberta pour la crise climatique sans fournir notre part d’efforts.

Il est devenu nécessaire de délaisser la voiture chaque fois qu’une autre solution est possible, et le vélo en est une. Ce n’est pas un exploit sportif : la distance médiane du domicile au travail au Québec n’est que de huit kilomètres.

D’ailleurs, loin de la simple promenade de loisir, le vélo urbain, en version cargo ou équipé d’un panier, de sacoches ou d’une remorque, assure déjà la fonction de transport utilitaire vers l’épicerie, la garderie ou le travail : les pics de fréquentation des pistes cyclables relevés par les divers compteurs ont lieu en semaine aux heures de pointe, et le taux de rétention hivernale va croissant. Mais si on a pu dénombrer un million de passages sur le REV Saint-Denis après seulement 10 mois d’usage, c’est bien parce que cette piste protégée propose un trajet rapide et sécuritaire. La hausse de la part modale du vélo dans le total des déplacements urbains ne pourra se maintenir sans la multiplication d’infrastructures sécurisant cette mobilité active. Le manque de sécurité constitue en effet le principal obstacle des propriétaires de vélo à son utilisation pour se déplacer en ville.

L’autre contribution importante du vélo urbain est le soulagement qu’il apporte à la congestion des rues et à la saturation du transport collectif. Alors que le parc automobile croît en volume et en nombre (par dizaines de milliers de véhicules annuellement) plus vite que la population — en dépit du fait que de nombreux ménages choisissent de vivre sans voiture — peut-on vraiment penser que la congestion serait moindre si on retirait des pistes cyclables et que les cyclistes passaient à l’automobile, fût-elle électrique ? Ou chaque automobiliste croit-il jouir d’un privilège particulier tandis que les autres citoyens devraient aller s’entasser dans le transport collectif pour lui dégager la rue, comme dans les publicités automobiles ?

Il est grand temps de considérer le vélo urbain comme un moyen de transport à part entière, qui, tout autant que la voiture électrique, mérite d’être pleinement soutenu, en faisant table rase des habituels préjugés, lieux communs et autres opinions déconnectées des faits.

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