Tout le mal que l’on dit du cours ECR

Retraité de l’enseignement, je fus enseignant d’ECR pendant neuf ans en 4e secondaire.

Ce cours, qui sera bientôt remplacé par un programme à saveur plus identitaire, n’était pourtant pas mal du tout.

En classe, nous abordions des thèmes tels l’Avenir de l’humanité (soutenus par les réflexions d’Hubert Reeves, de Michel Jourdain et de Pierre Dansereau).

L’intolérance était aussi au programme. Ce thème amenait les élèves à réfléchir à ce qui fait souffrir les autres, c’est-à-dire les préjugés s’exprimant à travers le sexisme, l’homophobie, le racisme, le nazisme…

Dans le même ton, un module sur la justice et les droits de l’homme était aussi matière à réflexion.

Les questions existentielles occupaient une partie du programme. Ces réflexions sur le sens de la vie nous amenaient donc à regarder les grandes religions comme sources de réponses. À cet égard, peu importe le contenu enseigné, le développement de la pensée critique était une priorité afin d’enrichir et de raffiner le jugement de ces élèves de 15 ans. En aucun cas, je n’ai eu l’impression d’endoctriner les élèves. Bien au contraire, j’avais le sentiment d’ouvrir les yeux et le cœur de ces jeunes afin de construire un monde plus humain et meilleur.

En terminant, lorsque je regarde le discours du ministre à l’égard du cours ECR, c’est comme si j’avais donné un autre cours. Je ne me reconnais aucunement à travers son discours, car il ne dépeint aucunement mon expérience et mon vécu à travers ces neuf années d’enseignement ! Je trouve cela triste !

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