Michel Nadeau, un adolescent lumineux

Nous avions 17 ou 18 ans. Issus d’écoles secondaires de diverses régions du Québec, nous étions quelques dizaines d’adolescents regroupés en classe de belles-lettres spéciale, pensionnaires au collège Sacré-Cœur de Victoriaville. Année de transition entre le scientifique et le cours classique.

Le programme était chargé. Michel survolait toutes les matières avec une facilité déconcertante. Il avait déjà le sourire angélique permanent, le regard perçant et le charisme qui ont marqué tous ceux qui l’ont connu par la suite.

À la résidence d’étudiants, au sixième, nous étions voisins de chambre. Comme une fratrie joyeuse et un peu turbulente, nous partagions notre quotidien du matin au soir : blazer marine, pantalon gris, chemise blanche et cravate rouge vin. Repas au réfectoire, classes découvertes six jours par semaine, couvre-feu quotidien, salon de télévision à l’étage… Où nous avons appris ensemble, dans un silence assourdissant, la mort de John Fitzgerald Kennedy…

Nous découvrions l’univers des humanités classiques, guidés par des maîtres souvent passionnés et contagieux, mais quelquefois soporifiques et déconnectés… Mais toujours, dans l’enthousiasme total des esprits affamés que nous étions.

Michel s’intéressait à tout avec une passion contagieuse. Je rappelle que nous avions dix-sept ans. Et nos échanges laissaient sans doute déjà entrevoir les adultes et professionnels que nous allions devenir.

Après quelques années communes au collège, j’ai eu le plaisir de retrouver Michel à l’Université Laval. Il n’avait pas changé, bien au contraire : toutes ses qualités de communicateur charismatique, doux et curieux s’étaient développées. Comme à 17 ans, comme soixante ans plus tard, il dégageait une lumière sur tout son environnement, dans une recherche constante du bien, du beau, du mieux.

Michel Nadeau, merci.

À voir en vidéo