En marge du texte de Bob White

L’auteur soumet d’abord une réponse à la question que je posais dans mon texte du 25-26 septembre sur l’état de l’interculturel à Montréal, ce dont je le remercie. La suite de son intervention expose ses positions sur le sujet. Je m’en tiens ici à l’essentiel :

Bob White paraît mettre en doute la nécessité de penser l’avenir interculturel de Montréal comme composante de la nation québécoise ;

On se demande même si cette dernière notion occupe une place dans sa pensée ;

Il s’interroge sur la nature de l’interculturalisme dont je parle. Il aurait pu en trouver une définition dans l’un ou l’autre des nombreux textes que j’ai publiés sur le sujet, y compris dans le rapport de la Commission que j’ai coprésidée avec Charles Taylor en 2007-2008.

Cette conception du modèle contiendrait des relents d’assimilation — on reconnaîtra certainement ici la pensée (très secrète) de C. Taylor… ;

L’auteur nous informe que, pour cette raison, cette définition ne peut recueillir l’adhésion des minorités et des immigrants. Or cette conception de l’interculturalisme a été précisément conçue pour établir des ponts, dans l’esprit d’un équilibre à instaurer entre les aspirations légitimes de la majorité et des minorités, et ce afin d’atténuer la dichotomie « Eux »/« Nous ». Elle vise ainsi à ouvrir une voie entre ce que je considère comme deux excès dans le contexte québécois : l’assimilation et le risque de fragmentation inhérent au multiculturalisme ;

J’aurais trompé le public en affirmant qu’il existe au Québec un consensus autour de l’interculturalisme (consensus : non pas au sens d’une unanimité mais d’une forte majorité). Je m’appuie ici sur les nombreux témoignages présentés devant la Commission de 2007-2008 et sur quelques sondages effectués à l’époque ;

J’opposerais Montréal aux régions, accentuant ainsi une fracture néfaste. C’est exactement contre cela que j’en avais dans mon texte de septembre ;

Le projet de loi 96 serait contraire à l’esprit de l’interculturel.

En guise de conclusion, je dirai seulement que toutes ces positions de l’auteur sont aux antipodes des miennes et que son argumentation ne me fournit aucune bonne raison d’en changer.

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