La Loi 101 et le bilinguisme

M. Jean-Pierre Corbeil se réjouit de « la hausse de 4 points […] du bilinguisme français-anglais au travail » (Le Devoir, 5 octobre 2021). Il semble oublier que la politique linguistique du Québec vise la progression du français tout court. Depuis son adoption en 1977, la Charte de la langue française déclare, dans son préambule, que cette loi vise à faire du français « la langue normale et habituelle du travail ».

À quiconque se demande, comme M. Corbeil, pourquoi mettre l’accent sur le droit de travailler en français quand 94 % des employés de l’État utilisent « principalement » le français, il faut répondre que l’objectif n’est pas atteint. Et espérons que les personnes qui ont fait du français la langue de leur vie privée, comme celles de langue maternelle française, insistent pour en faire usage partout dans l’espace public.

Quant aux 94 % mentionnés par M. Corbeil, ils pourraient être suspects, comme ils semblent se rapporter à un total de près de 140 %. Entre autres compilations douteuses, les bilingues (français-anglais) pourraient avoir été doublés, et les trilingues (français-anglais-autre), triplés (Cahiers québécois de démographie, vol. 48, no 2, p. 218-221).

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