Une ixième rechute pour le traversier «F.-A.-Gauthier»

Décidément, le F.-A.-Gauthier n’a pas la vie facile. Il accumule tuile par-dessus tuile depuis sa construction il y a à peine six ans. La toute dernière, qui consiste à remplacer des pièces usées prématurément, a coûté 2,8 millions de dollars aux contribuables québécois. À cela s’ajoutent 740 000 $ pour la location d’un brise-glace pour assister le Saaremaa 1 venu en relève. Une somme qui s’ajoute à au moins 60 millions de dollars en coûts imprévus depuis la mise en service du traversier.

Quelque 200 000 passagers sont transportés annuellement par le traversier entre Baie-Comeau, Godbout et Matane. C’est également un lien névralgique pour le transport de marchandises et l’économie de l’Est-du-Québec. En décembre 2018, un bris majeur des propulseurs a forcé l’arrêt du F.-A.-Gauthier, trois ans et demi seulement après son inauguration. Les solutions temporaires se sont succédé. En désespoir de cause, la Société des traversiers du Québec (STQ) a dû se résoudre à acheter un autre traversier, le Saaremaa.

Selon un architecte naval d’expérience, John Stubbs, la Société des traversiers du Québec ne devrait plus gérer la construction de nouveaux navires. L’expert avait d’ailleurs prédit une explosion des coûts pour le navire F.-A.-Gauthier et avait dénoncé l’incompétence dans la gestion des projets de traversiers au Québec.

Des pièces usées prématurément, des coûts imprévus… Mais d’où vient le problème ? De la Société des traversiers ? Des sous-traitants ? Des fournisseurs ? À mes yeux, une telle accumulation de rechutes ne peut être que du ressort de la STQ, dont la gestion, de toute évidence, montre des lacunes importantes auxquelles elle ne peut se soustraire sans assumer une large part de responsabilité.

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