Les «acceptables» et les «inacceptables»

La lecture de la chronique publiée dans Le Devoir du 29 septembre intitulée « Les nouveaux galeux » sous la signature de Francine Pelletier me laisse un peu perplexe. Traitant de la question de l’impopularité des non-vaccinés, l’autrice en vient à soutenir que « la vaccination obligatoire et l’imposition du passeport sanitaire sont en train de créer au Québec deux classes de citoyens : les acceptables et les inacceptables ».

Acceptable qu’opèrent, dans une unité de soins intensifs, des infirmières ou des médecins antivax ? Acceptable que, en CPE ou à l’école, travaillent des éducatrices ou des enseignantes qui refusent de se faire vacciner ? Non, à moins de remettre en question les mesures sanitaires imposées au titre d’impératifs de santé publique.

Par ailleurs, la liste est longue de ce qui est jugé inacceptable dans cette société du vivre ensemble. Qu’on pense à l’interdiction de conduire un véhicule en état d’ébriété, de fumer dans un restaurant, de faire de la moto sans casque, ou encore de se présenter au travail sans porter les équipements de sécurité requis.

En fait, ce n’est pas le citoyen en tant que tel qui est « inacceptable », c’est l’incompatibilité entre son choix de valeurs, son comportement, et les règles génératrices du bien commun. C’est cela qui marginalise l’individu, le distingue, le « discrimine ».

Enfin, se peut-il que le refus d’employés de partager le bureau avec des personnes antivax soit le fait d’un simple préjugé né de l’impopularité ? Poser la question, c’est, à mon sens, y répondre.

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