Le troisième lien et la postérité

Lorsque le premier ministre affirme que le « troisième lien » est le moins mauvais des projets et qu’un pont qui passerait par l’île d’Orléans défigurerait l’endroit, il enfonce le clou de l’incertitude. Disons d’abord qu’il ne nous a jamais montré une étude d’experts indépendants locaux et internationaux dans laquelle on aurait pu montrer les différents projets considérés et comparés entre eux, ce qui nous aurait permis de constater que ce qu’il affirme est vrai et basé sur des faits. Cette absence factuelle et son opinion quant à la défiguration anticipée de l’île d’Orléans laissent croire qu’il n’a peut-être jamais admiré l’élégance des nouveaux ponts tels que ceux que l’on peut voir en Europe. Bien plus, considérant les images qui nous sont transmises par les vidéos venant de la Chine et qui nous permettent d’admirer les beautés et le bon goût des structures que l’on y érige pour enjamber les gouffres et les terrains accidentés, on ne peut s’empêcher de regretter la vue trop élémentaire du premier ministre. Beaucoup de commentaires ont été faits au sujet du projet de tunnel choisi par le gouvernement de la CAQ, et il est inutile de les répéter tous, si ce n’est d’en signaler les coûts astronomiques et le non-sens de l’intégration du projet à un réseau d’autoroutes du côté de Québec. Sous cet aspect, un projet passant par l’île d’Orléans pour desservir en même temps les citoyens de cette île tout en permettant de se raccorder à la route 138 et à l’autoroute 40 serait fort probablement celui qui serait recommandé par les experts, non seulement comme le moins mauvais, mais notamment le meilleur. Quant à la nécessité d’un troisième lien, il y a une même absence de faits probants, alors même qu’ils en établiraient probablement le besoin s’ils étaient établis.

Enfin, il ne serait pas surprenant que le gouvernement de la CAQ se limite dans le présent mandat à défendre l’idée d’un tunnel sans investir d’autres frais importants, ce qui serait louable. Car un nouveau projet par un nouveau gouvernement, reléguant aux calendes grecques le projet fumant actuel, permettrait sans doute d’éviter à la prospérité de vivre avec une erreur mémorable.

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