Et si vivre, c’était mourir un peu

Le chemin de vie origine de quelque part pour se perdre vers un inconnu incertain. Ainsi en est-il du vieillissement qui nous arrive sans crier gare. Nous le constatons chez les autres et il s’impose à nous progressivement sans que nous puissions interrompre sa progression inéluctable. L’exemple des autres a peu d’utilité, car nous n’avons aucune expérience personnelle empirique du phénomène. Chaque matin, le miroir nous parle, comme un témoin de cette métamorphose imposée.

On est surpris d’avoir une curiosité morbide pour les pages nécrologiques du journal, heureux de constater que nous n’y soyons pas encore. Nous y avons vu défiler le portait figé d’amis, de parents et de connaissances pour qui la route de vie s’est arrêtée à la suite d’une longue maladie ou encore brusquement, sans avertissements.

Nous sommes au sommet d’une pyramide des âges de plus en plus étroite. Nous avons de la difficulté à comprendre les soubresauts des générations qui nous suivent, semblant nous pousser vers la sortie. Nous nous sentons exclus de la société de consommation, qui veut notre argent tout en nous écartant d’une visibilité participative. C’est peut-être mieux ainsi, laissant aux autres la frénésie des tourbillons éphémères. D’ailleurs, nous avons de moins en moins d’intérêt pour ces chimères. Notre temps nous est trop précieux pour le perdre dans ce matérialisme épidermique.

Nous recherchons un sens à une vie qui en a été hélas trop souvent dépourvue. La religiosité judéo-chrétienne, imposée et moralisatrice, nous a éloignés d’un questionnement spirituel dont nous aurions tellement besoin dans ces périodes troublées que nous traversons aujourd’hui.

Aux portes de notre finalité immanente, alors que la mort nous guette au tournant, le mystère de l’après nous hante, et l’absence de réponses nous effraie. Le réconfort spirituel nous manque pour nous accompagner dans la quête de sens de ce passage vers ce qui sera ou ne sera pas.

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