J’aime Arsène Lupin

J’aime Arsène Lupin. Je ne parle pas ici de la série diffusée actuellement en ligne, excellente au demeurant, mais des romans de Maurice Leblanc. Il y a une quarantaine d’années, mon père m’a offert L’aiguille creuse. « Il est temps pour toi de lire autre chose que Bob Morane et Doc Savage. » Et je suis entré dans le merveilleux monde du gentleman cambrioleur, que je n’ai jamais vraiment quitté depuis.

Comme tous les auteurs, Leblanc reflète les préjugés de son époque : dans son cas, machisme, sexisme, mépris des Maghrébins, détestation des peuples germaniques, etc. J’ai été exposé à tout cela en même temps qu’à la culture bourgeoise française des années 1900, au goût des beaux objets, à l’existence des grands musées, des concerts, des fabuleux restaurants, des voyages et surtout à la littérature, car Maurice Leblanc est un romancier de haut niveau employant un français d’exception, maîtrisant l’art du rebondissement, de l’intrigue et des chutes imprévues. Arsène Lupin constitue une œuvre littéraire divertissante et bien construite, dans laquelle je me replonge périodiquement avec plaisir. Tout comme je relis les Tintin, Astérix et Lucky Luke avec un intérêt constant. Tous ces livres sont remplis d’idées discutables ou condamnables. Mais à travers eux, j’ai appris qu’elles existaient. En en discutant avec mes amis, j’ai défendu mes héros, mais aussi constaté qu’ils n’étaient, hélas, pas parfaits. J’ai surtout appris à devenir curieux de l’autre et de ses coutumes étonnantes et dérangeantes. J’ai appris à les comprendre et à les accepter.

Le livre est un objet de connaissance et devient, au fil du temps, un document historique. Je ne brûlerai ni ne jetterai mes bandes dessinées et mes romans, et ferai tout pour que mes petits-enfants s’en repaissent, comme l’ont fait mes fils. Je leur dois la connaissance et la compréhension du monde dans lequel ils vivent, qui repose sur le monde dans lequel j’ai vécu, et mes parents avant moi. C’est le moins que je puisse faire pour eux !

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