Le français des chefs

En écoutant le dernier débat des chefs en français à la télévision de Radio-Canada, le 8 septembre dernier, j’ai été agréablement surprise de constater la qualité du français parlé par les cinq chefs fédéraux.

Les élections précédentes nous avaient accoutumés à entendre un Trudeau hésitant devant un adversaire bloquiste sûr de ses effets et trois autres candidats baragouinant tant bien que mal des phrases apprises à l’avance. À l’exception de Jack Layton, le légendaire allié du Québec. Le débat de mercredi dernier nous présenta des chefs s’exprimant avec une relative aisance. Tout en admirant l’éloquence d’Yves-François Blan-chet, on ne pouvait qu’éprouver de la sympathie pour les quelques tournures fantaisistes d’Erin O’Toole, l’assurance tranquille de Jagmeet Singh et l’accent bien assumé d’Annamie Paul. Même Trudeau s’exprimait dans la langue de son père avec une facilité qu’on ne lui connaissait pas. Tout au plus lui reste-t-il à apprendre qu’on ne parle pas des choses « qu’on a de besoin », mais des choses « dont on a besoin ». On lui pardonnera cette faute puisqu’en cela, il se montre bien québécois.

Bref, pour la première fois de mon existence — et je n’en suis pas à mes premiers débats télévisés —, j’étais sur le point de croire à une forme de réalisation du bilinguisme institutionnel mis en route par Trudeau père.

Hélas, le débat du lendemain, qui se déroula en anglais, me fit comprendre qu’il restait encore beaucoup à faire pour que les Québécois soient entendus au Canada.

À voir en vidéo