Découragement électoral

En 2015, Justin Trudeau a promis de réformer le mode de scrutin pour y introduire une composante proportionnelle. Il a renié cette promesse en expliquant qu’une fois les citoyens débarrassés du gouvernement Harper, cette réforme n’était plus nécessaire. Quelle arrogance couplée à un manque de vision ! Si ce n’était que pour cela, le PLC mériterait une correction.

Toutefois, avec notre système du scrutin uninominal à un tour, désuet et minoritaire dans les pays démocratiques, l’électeur dispose de peu d’options. Dans le meilleur des cas, dans les circonscriptions où les candidats se trouvent en réelle compétition, il pourra essayer de faire pencher la balance en utilisant l’odieux « vote stratégique ». Dans d’autres circonscriptions, comme la mienne, Brossard–Saint-Lambert, où la candidate libérale a obtenu en 2019 50,3 % des votes, soit plus du double de son plus proche concurrent, les électeurs auront peu de chances de la déloger. Les votes autres que ceux pour le PLC iront à la poubelle électorale.

La CAQ semble vouloir imiter le PLC en reportant aux calendes grecques la réforme du scrutin au Québec. Le référendum de 2022 n’aura pas lieu ; après, ce sera trop près des élections provinciales. On manque toujours de temps pour la réforme. En fait, les politiciens élus par le mode de scrutin actuel ne manquent pas de temps, ils manquent de courage et de réelles convictions démocratiques.

Il est malheureusement devenu admissible et excusable que les politiciens ne veuillent pas modifier le système qui les a fait élire. Même si certains citoyens doutent de la pertinence de la proportionnelle, ils ne peuvent qu’être atterrés par l’attitude cynique, antidémocratique et mensongère de nos politiciens concernant ce sujet.

Les électeurs vont-ils pardonner à Justin Trudeau cette promesse rompue et lui offrir en prime un gouvernement majoritaire ?

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