L’unilinguisme de la GG et les Premières Nations

Dans un reportage diffusé le 2 juillet 2021 sur le site de Radio-Canada Espace autochtone, le journaliste Ismael Houdassine citait le grand chef de la nation atikamekw, Paul Émile Ottawa, qui se plaignait du mépris affiché par les chefs des Premières Nations d’expression anglaise, qui ne daignaient même pas écouter la traduction simultanée des interventions des chefs autochtones du Québec qui s’exprimaient en français lors de l’Assemblée canadian des Premières Nations. Le ministre fédéral Marc Miller ne doit pas se surprendre des centaines de plaintes adressées au Commissariat aux langues officielles au sujet de la nomination, par ailleurs heureuse, de Mme Mary Simon, d’origine inuite, en tant que représentante de la reine d’Angleterre au Canada. En effet, dans quelle langue la GG s’exprimera-t-elle lorsqu’elle s’adressera aux Atikamekw, aux Malécites ou aux Innus du Québec, dont la langue commune est souvent le français ? Certainement pas dans leur langue autochtone. Dans un pays encore anachronique, qui carbure au discours de la diversité et qui devrait être officiellement bilingue, les anglophones et leurs assimilés continuent de tenir pour acquis que le Dominion du Canada roule, comme dans «rouleau compresseur», uniquement en anglais, ad mare usque ad mare, toutes cultures confondues. Le poème Speak White de Michèle Lalonde demeure d’une éloquente pertinence.

À voir en vidéo