Censurer les débats d’opinion

J’ai critiqué deux fois la nomination de Mme Grégoire dans la section Commentaires du Devoir, version électronique. Ce qui ne m’a pas empêché de lire et d’apprécier l’opinion de M. Myles. Ainsi donc le directeur du Devoir n’aurait plus la liberté d’exprimer une opinion divergente, au risque de se faire attaquer personnellement ou menacer d’annulation d’abonnement ? Il serait, implicitement, indigne de ses fonctions ? Et la liberté d’opinion ? Les lecteurs du Devoir souhaitent-ils un média à pensée unique ? Vous ne partagez pas l’opinion de quelqu’un, alors vous attaquez son intégrité ?

Les arguments de M. Myles n’étaient pas dépourvus de valeur, même s’ils ne m’ont pas fait changer d’idée concernant la nomination de Mme Grégoire.

Quant à la lettre de Mme Bissonnette et de M. Couture, elle m’indigne, en tant que lecteur du Devoir. De toute évidence, les auteurs souhaitaient ardemment la nomination de Mme Beaudry à la direction de BAnQ. C’était leur droit. Mais attaquer, de front, l’intégrité du directeur du Devoir parce qu’il a osé exprimer une opinion autre que la leur, c’est indigne de leur part. Vous n’adhérez pas à ses arguments ? Très bien. Présentez les vôtres. Mais Mme Bissonnette et M. Couture ne se contentent pas d’argumenter. Ils attaquent personnellement M. Myles en prétendant, à titre d’exemple, « qu’il méprise implicitement les études supérieures ». J’ai critiqué la formation universitaire limitée de Mme Grégoire, compte tenu du poste à pourvoir. Mais, contrairement aux prétentions de Mme Bissonnette et de M. Couture, je ne suis pas convaincu qu’un doctorat en histoire du livre ou des études supérieures en musicologie étaient pertinents pour le poste en question. Ai-je le droit de m’exprimer sur ce point ? Mme Bissonnette et M. Couture se servent allègrement de leur statut et de leurs réalisations passées pour tenter de censurer tout débat légitime en utilisant, peut-être plus élégamment, les mêmes tactiques qu’on retrouve de plus en plus sur les médias sociaux, fondées principalement sur l’attaque personnelle. En tant que fier lecteur du Devoir, je souhaite des débats d’idées respectueux et je dénonce celles et ceux qui croient avoir le monopole de la vérité.

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