Mort du projet Laurentia

Autant il faut applaudir à la décision du gouvernement fédéral de ne pas autoriser la réalisation de l’insensé projet Laurentia dans la baie de Beauport, autant il faut déplorer la réaction simpliste de la soi-disant élite politico-économique de la région de Québec à cette décision plus que justifiée. S’il faut souligner avec force le rôle capital du ministre fédéral Jean Yves Duclos (un petit gars de Beauport) dans ce dossier litigieux, de même que les courageuses prises de position de plusieurs élues et élus du monde municipal à l’encontre de cette folle aventure du Port de Québec, il faut cependant dénoncer l’opposition véhémente des partisans inconditionnels du projet Laurentia à la décision du gouvernement Trudeau.

Bien que l’Agence canadienne d’évaluation environnementale ait fait la démonstration avec une logique implacable des effets néfastes du projet Laurentia sur la qualité de vie des populations de Limoilou et de Saint-Roch, certains persistent à souhaiter la réalisation de ce projet. À cet égard, il est regrettable que des personnages publics, notamment la ministre Geneviève Guilbault, et le président du conseil d’administration de la Corporation des parcs industriels de Québec, Pierre Dolbec, aient fait preuve d’un manque flagrant d’empathie à l’endroit des populations de quartiers déjà sérieusement affectés par une grave pollution atmosphérique qui met leur santé à risque. Non seulement il s’agit là d’une absence totale de conscience sociale, mais aussi d’un aveuglement volontaire au moment même où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime dans son projet de rapport pour 2022 que « le pire est à venir », rendant ainsi la décision du gouvernement fédéral d’autant plus pertinente dans les circonstances.

Pour clore définitivement ce débat, laissons la parole à un sage qui déclarait devant le conseil municipal de Québec en novembre 2013 : « La tendance en urbanisme en Occident depuis des années, c’est de libérer le bord de l’eau. Les maires de grandes villes (Toronto, Chicago, Bordeaux, Milwaukee) ont libéré le bord de l’eau, ont convaincu les industries d’aller s’établir ailleurs, parce qu’un bord de l’eau libéré, ça décuple l’attraction d’une ville. » Ce grand sage se nomme Régis Labeaume.

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