Montréal, ville bilingue: non merci Monsieur Holness

À lire l’argumentaire de monsieur Holness pour que Montréal soit déclarée ville bilingue, on ne peut qu’imaginer une étonnante naïveté chez ce Montréalais prétendant vouloir protéger le français, à moins que cette naïveté feinte ne cache un machiavélisme redoutable quant à cette question.

La très grande majorité des francophones québécois savent depuis toujours que toute demande de bilinguisme, que ce soit dans le domaine de l’emploi, de l’affichage ou encore des services (autant privés que publics) n’a d’autre objectif que l’accommodement des anglophones unilingues et que ce pseudobilinguisme (le plus souvent pour francophones seulement) est la façon assurée de maintenir cet unilinguisme détestable chez trop de Québécois.

Offrir des cours de français gratuits à tous en échange de ce bilinguisme officiel et institutionnel à Montréal, espérant ainsi nous faire croire à l’établissement d’un certain équilibre, est non seulement d’une naïveté délirante, mais carrément nous (les francophones) prendre pour des idiots. Cette proposition est d’autant plus choquante sachant que pour la très grande majorité des gens, l’idée de l’apprentissage d’une seconde langue ne leur viendra qu’en cas de nécessité. Afin de l’en convaincre, je suggérerais tout simplement à monsieur Holness de consulter les statistiques peu reluisantes sur le taux de bilinguisme des anglophones hors Québec.

Comme de toute évidence la seule façon de protéger le français à Montréal est de rendre cette langue essentielle à la vie courante des Montréalais, la raison irait plutôt dans le sens d’un unilinguisme français généralisé plutôt que toute forme de bilinguisme assimilateur au service des unilingues anglophones, qui à long terme, ne peut qu’affaiblir encore davantage la situation du français à Montréal.

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