Un coup dur pour la science

La nomination de Marie Grégoire à la tête de BAnQ est un coup dur pour la science. Lorsque Carol Couture s’est adressé à la ministre de la Culture et des Communications dans les pages de ce journal, le 4 juin, pour faire valoir l’importance de nommer un professionnel de haut calibre formé en sciences de l’information à la tête de cette institution majeure, j’ai eu l’espoir que ses mots — d’un tact irréprochable, mais d’une implacable évidence — se rendraient jusqu’au gouvernement et sauraient le convaincre. J’étais bien naïve : une fois de plus, le politique l’a emporté sur l’intelligence. Ce poste ira donc à une femme certes « capable », mais qui n’est pas formée pour l’occuper. Tous ceux qui étaient en droit d’y aspirer pour de bonnes raisons doivent se sentir bien amers et impuissants ce matin. À quoi leur sert-il d’avoir travaillé toute leur vie à parfaire leurs connaissances et leurs compétences dans leur domaine si l’un des postes-clés auxquels les destine leur carrière ne leur est même pas accessible ? Le choix de Marie Grégoire est une occasion manquée de reconnaître et de valoriser l’excellence québécoise en sciences de l’information et témoigne du peu de valeur accordé par la CAQ à la culture. Évidemment, les foules ne descendront pas dans la rue pour protester. Il ne s’agit « que » de culture, pas vrai ? Oui, ce n’est « que » cela et c’est justement pour cette raison qu’on a octroyé ce poste à Marie Grégoire plutôt qu’à une personne réellement compétente pour l’occuper.

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